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Un nouveau système de gestion environnementale facilite le nettoyage des déversements pour les intervenants.

Chaque année on signale jusqu'à 14 000 déversements de pétrole dans le monde. Un grand nombre d'entre eux sont faciles à contenir et à nettoyer, mais dans certains cas, comme celui de l' Exxon Valdez au large de l'Alaska en 1989, ils s'avèrent dévastateurs pour l'environnement et la faune outre les risques de pertes d'emplois et de dégradation de la qualité de vie des résidents.

Il est préférable de prévenir les déversements plutôt que d'en traiter les conséquences. Cependant, lorsqu'il y a un déversement de pétrole ou d'un produit chimique dangereux, il est critique de nettoyer rapidement et convenablement. La Direction des urgences environnementales d'Environnement Canada profite de la puissance de l'Infrastructure canadienne des données géospatiales (ICDG) pour aider les organisations et les organismes gouvernementaux de gestion des urgences au Canada à collaborer pour atténuer les effets de tels désastres.

La Direction des urgences environnementales élabore un système – le Système de gestion des urgences environnementales (SGUE) (en anglais Environmental Emergency Management System ou « E2MS ») – exploitant l'immense réserve de couches de données géographiques et interopérables de l'ICDG. En combinant des outils de gestion d'information spatiale à des données et de l'information spatiale, le SGUE utilise l'ICDG pour permettre aux organisations de secours, aux ministères du gouvernement fédéral et aux bureaux provinciaux des mesures d'urgence de répondre plus efficacement aux déversements de pétrole et de produits chimiques.

Selon Mary-Ann Spicer-Robinson, gestionnaire aux Interventions à la Direction des urgences environnementales, « le SGUE n'est pas une application de cartographie », mais plutôt « un outil d'information et de gestion pour la prise de décisions. Il offre aux personnes qui interviennent en cas de déversement, la possibilité de prendre de meilleures décisions en améliorant leur accès aux données, à l'information et aux connaissances partagées. Ces décisions informées se traduisent en une amélioration du temps de réponse et du nettoyage, ainsi protégeant nos précieux biens naturels. »

Une « représentation commune de la situation » place les intervenants au même diapason

Quel est l'élément clé de la valeur du SGUE? Par l'utilisation de l'ICDG, il offre à toutes les organisations d'intervention en cas d'urgence une «représentation commune» d'un incident. En d'autres termes, chaque intervenant a accès à la même information, même si celle-ci provient de différents entrepôts de données répartis d'un bout à l'autre du pays. Chacun des partenaires peut également tracer sa propre zone d'intérêt, suivre les prises de décisions et avoir accès, en toute confiance, à l'information la plus à jour.

Par exemple, il y a près d'un lac un déraillement de train transportant des produits chimiques dangereux. Avec le SGUE, les autorités locales pourraient rapidement déterminer si ce lac constitue une source municipale d'approvisionnement en eau et si une route permet d'accéder aux lieux. Les experts du ministère des Pêches et Océans pourraient déterminer si le déversement menace l'habitat du poisson. Les autorités environnementales provinciales pourraient évaluer si le déversement pose un risque pour certaines espèces animales ou végétales menacées.

Puisque cette information est disponible pour tout intervenant en situation d'urgence environnementale ayant accès à l'Internet par un fureteur Web, un expert dans un bureau éloigné du déversement pourrait facilement diriger et prodiguer conseils aux intervenants de première ligne. « Avant le SGUE, il fallait réunir plusieurs intervenants autour d'une même table où ils se présentaient avec leurs données imprimées, données souvent périmées ou inexactes, ce qui compliquait encore davantage les choses » de commenter Mme Spicer-Robinson. « Grâce au SGUE, ils peuvent se réunir même s'ils se trouvent physiquement dans des lieux très éloignés les uns des autres tout en sachant qu'ils examinent les mêmes données à jour. »

Le SGUE exploite les capacités de partage d'information de l'ICDG

C'est l'ICDG qui se trouve au cœur de cette capacité de partage d'information. Le SGUE utilise les normes, les spécifications et les pratiques exemplaires proposées par l'ICDG pour permettre à la communauté de pratique des urgences environnementales de partager les données et l'information plus efficacement et avec efficience. Selon Mme Spicer-Robinson « l'ICDG offre plus qu'une technologie; elle constitue une philosophie de partage et de collaboration à l'atteinte d'objectifs communs. Ce sont les caractéristiques définissant le SGUE. »

L'élaboration du SGUE s'est faite grâce à un financement de 100 000 $ et un appui de GéoConnexions, un programme de partenariat national pour mettre au point et agrandir l'ICDG. Parmi les autres partenaires, mentionnons Sécurité publique et Protection civile Canada, le CN, l'International Tanker Owners Pollution Federation Limited ainsi que d'autres ministères et organismes fédéraux et provinciaux s'intéressant aux urgences environnementales.

Le SGUE répond à la nécessité de coordonner les réponses aux urgences environnementales

Le SGUE a été élaboré pour deux grandes raisons. Premièrement, la communauté de praticiens en urgence environnementale a réalisé que l'intervention aux déversements de pétrole et de produits chimiques exigeait souvent la coordination des efforts de tout un éventail d'organisations – depuis les pollueurs eux-mêmes en passant par les municipalités et les autorités provinciales jusqu'aux ministères fédéraux – et, deuxièmement, qu'il n'existait aucun système unique offrant à ces organisations très différentes la perspective cohérente et l'information commune nécessaires pour la gestion d'une urgence environnementale.

Aux dires de Mme Spicer-Robinson, « les urgences environnementales mettent en cause plusieurs responsabilités partagées et nous devons être davantage proactifs pour s'attaquer à des objectifs communs avec nos nombreux organismes partenaires. Grâce au SGUE, nous disposons maintenant d'une stratégie à long terme pour réagir aux déversements dans l'environnement, pour gérer les interventions nécessaires et pour en atténuer les conséquences afin de protéger la santé, le bien-être et la sécurité des Canadiens et de leur environnement. »

Partenaires : GéoConnexions-Ressources naturelles Canada, Environnement Canada, Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Santé Canada, Parcs Canada, Sécurité publique et Protection civile Canada, Pêches et Océans Canada, Gestion des situations d'urgence de l'Ontario, ministère de l'environnement et du travail de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Department of Environment and Labour), Mackenzie Delta Spill Response Corporation, International Tanker Owners Pollution Federation Limited, ministère de l'environnement et de l'énergie de l'Île-du-Prince-Édouard (Prince Edward Island—Department of Environment and Energy), ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Atlantic Emergency Response Team, organisation des mesures d'urgence de l'Île-du-Prince-Édouard (Prince Edward Island—Emergency Management Organization), organisation de gestion des urgences de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia Emergency—Management Organization)

GéoConnexions est un programme de partenariat national pour mettre au point et agrandir Infrastructure canadienne de données géospatiales.