Holonics_2CL

 

                                                                                                       

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Ressources naturelles Canada

GéoConnexions

 

 

Évaluation des besoins en données pour les processus décisionnel en GIP

 

 

 

 

Aide à la décision pour la GIP:

Quatre études de cas

 

Sommaire Exécutif

 

31 mars, 2010

                       

 

 

Preparé par:    Gail Kucera

Evert Kenk

Dave Nicolson

                        Pierre Lafond

 

 

 

 

 

 

Sommaire Exécutif

Enviée un peu partout au monde, la « qualité de vie » au Canada est largement attribuable à la diversité des ressources naturelles du pays, au capital naturel qu'elles représentent et aux écoservices qu'elles fournissent. Or, la demande de ressources, sans cesse plus grande et souvent conflictuelle, oblige les gouvernements fédéral, provinciaux, municipaux et territoriaux, les Premières nations et les autres intéressés (secteur privé, organisations non gouvernementales et établissements universitaires) à commencer à se tourner vers des approches intégrées pour gérer ce capital. Les approches axées sur l'endroit voient le jour à un rythme croissant et sont connues sous divers noms dont ceux de développement durable, gestion adaptée, planification de l'utilisation des terres, gestion écosystémique et gestion intégrée du paysage (GIP).

 

Contexte

La GIP est une approche holistique de la planification et de la gestion qui vise le maintien du bien‑être des communautés comme de l'intégrité écologique des endroits - collectivités, paysages, bassins hydrographiques ou régions. Elle s'appuie sur une vision de l'état futur souhaité, en termes sociaux, culturels, économiques et environnementaux, pour guider le développement de tous les secteurs et donner ainsi tout son sens à l'expression « qualité de vie ».

Les diverses approches de GIP découlent de la nécessité de régler des problèmes de plus en plus complexes et communément qualifiés de « pernicieux », notamment les problèmes persistants de politique, de planification et de gestion socioéconomiques et environnementales qui font tous appel à une collaboration étroite entre gouvernements et autres intervenants. Ces approches sont souvent mises en place en réponse à un conflit d'utilisation des terres, qu'il soit réel ou perçu. Les problèmes de contamination de l'eau, d'épuisement des ressources halieutiques ou de mise en valeur des ressources peuvent inciter la multitude des autorités, des intervenants et des intéressés à prendre des mesures de gouvernance spéciales axées sur l'endroit. En effet, c'est au niveau du « l'endroit » que l'impact des décisions se fait sentir et qu'il est préférable d'aborder les problèmes sociaux, culturels, environnementaux et économiques et leurs interconnexions. C'est à ce niveau qu'il y a chevauchement entre l'être humain et l'écosystème dont il fait partie, qu'il s'agisse des communautés urbaines ou rurales.

Il n'y a pas de définition universelle de la GIP, mais ses approches comportent un certain nombre de similarités dans leur façon d'évaluer les conditions actuelles et futures et les réactions de l'environnement aux changements naturels et anthropiques. Pour bien fonctionner, les approches doivent aborder leurs besoins en données géospatiales et leur capacité de transformer ces données en renseignements et en connaissances aptes à guider l'élaboration des politiques et ainsi permettre la planification, la gestion et le soutien ultime des décisions ainsi axées sur l'endroit.

Les approches de GIP se sont perfectionnées avec le temps, les progrès scientifiques et technologiques ayant permis de recourir à des données de plus en plus complexes et variées. L'une des principales contraintes de la GIP est imposée par les limites des données comme telles, y compris leur regroupement, compte tenu de la multitude de leurs sources et de leurs domaines, en vue de guider le processus comme tel et d'acquérir le savoir requis pour appuyer l'élaboration et la planification des politiques axées sur l'endroit et la prise de décision stratégique à leur égard. Il demeure difficile de trouver des façons de regrouper l'information socioéconomique et environnementale au‑delà des limites intersectorielles, intergouvernementales et interdisciplinaires existantes. Le problème est exacerbé par le fait qu'il n'existe pas de définition ou de cadre commun de la GIP permettant de faire le pont entre les différentes cultures de l'information et du savoir et entre les sciences naturelles, les sciences sociales, la culture et l'économie.

 

Contexte et approche

Pour relever le défi, Environnement Canada et GéoConnexions ont déterminé qu'il fallait appuyer la croissance de la communauté de pratique de la GIP, ce qu'ils font depuis 2005. IMAGINE Canada est l'organisme national qui regroupe les experts et les novices de la GIP au Canada. Sa réussite se mesurera à la capacité des décideurs canadiens d'entreprendre une planification intégrée axée sur l'endroit à l'aide d'outils, de techniques et d'approches de GIP à la fine pointe de la technologie. IMAGINE Canada collabore avec l'Institut international du développement durable pour faciliter le partage des connaissances, ces outils pragmatiques de GIP, et pour mettre en relief les grands enjeux et les leçons tirées de la production de renseignements stratégiques et scientifiques pour la prise des décisions.

En soutien à la communauté de la GIP, GéoConnexions de Ressources naturelles Canada a chargé à contrat la firme Holonics d'évaluer les besoins en données des processus décisionnels de GIP. Le projet faisait partie du programme national de GéoConnexions en vue de permettre aux décideurs d'utiliser de l'information axée sur l'endroit pour le bien des communautés de la santé publique, de la sécurité publique, de l'environnement et des Autochtones. Un certain nombre de recommandations ont donc été présentées à GéoConnexions, à ses partenaires fédéraux et à la communauté de la GIP concernant les besoins en données de GIP supplémentaires et leur transformation en information utile pour la prise des décisions de GIP.

IMAGINE Canada avait choisi quatre sites à étudier pour l'évaluation. Chacun utilise une approche de GIP adaptée à ses enjeux particuliers.

 

Sites IMAGINE Canada à étudier

Région

Responsable

Enjeux clés

Lac Bras d’Or au cap Breton (Nouvelle­Écosse)

Institut de recherche écosystémique Bras d’Or de l'Université du Cap‑Breton

Impacts cumulatifs de l'activité économique et récréative humaine

Bassin de la rivière Humber (Terre­Neuve­et­Labrador)

Ministère des Ressources naturelles de Terre­Neuve­et­Labrador

Approvisionnement durable en bois pour maintenir la prospérité économique locale

Forêt modèle de l'Est de l'Ontario (Ontario)

Forêt modèle de l'Est de l'Ontario et parc national des Îles‑du‑Saint‑Laurent

Assurer le bien‑être de la communauté en maintenant la stabilité économique grâce au développement durable et en protégeant l'intégrité écologique

Région des contreforts des Rocheuses (Alberta)

Foothills Research Institute

Apaiser les conflits entre l'exploitation des ressources et la protection de la faune et minimiser l'empreinte écologique du développement

 

À l'aide d'entrevues et de questionnaires, on a recueilli sur chaque site des renseignements sur les besoins en données et sur l'utilisation de l'information pour prendre les décisions de GIP. L'accent a été mis sur la multitude des intervenants dans le processus, soit les analystes des politiques, les planificateurs, les gestionnaires des ressources, les décideurs, les spécialistes de l'information et les experts des diverses sphères d'activité. Les entretiens avec les intervenants étaient conçus en fonction de la personne ou du groupe de personnes et portaient sur les grands points suivants :

·         ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné,

·         les limites, les enjeux et les défis,

·         les bonnes idées d'amélioration.

La GIP est un processus complexe auquel participent de nombreux intervenants de milieux différents qui parlent un langage différent, qui possèdent des connaissances différentes et qui sont habitués à faire les choses à leur manière. Et comme la GIP n'était pas définie officiellement, il était difficile d'entreprendre le projet. Un cadre conceptuel de la GIP a donc été établi pour saisir toute la complexité du processus et le rôle habilitateur que jouent l'information et le savoir.

Le cadre de GIP précise les éléments du processus global – moteurs, expression, mise en oeuvre et instruments. Les gens qui participent au processus sont appuyés par ceux qui fournissent l'information et les connaissances qui entrent en ligne de compte dans le processus. La réussite du processus dépend des intentions et de la collaboration des nombreuses personnes qui assument les divers rôles en vue de créer les lois et d'établir les politiques qui servent de moteur pour élaborer les plans ainsi mis en oeuvre sur le terrain. C'est généralement l'utilisation de données géospatiales à chaque étape du processus qui permet cette séquence des étapes à suivre et des mesures à prendre.

Le cadre permet aux intervenants de mieux comprendre leurs rôles à l'appui du processus. C'est le point de mire et le contexte de la saisie et de l'organisation des résultats de projets, de l'élaboration des recommandations s'appliquant à toute la communauté de pratique, et plus particulièrement GéoConnexions et le gouvernement fédéral.

Les rôles ont été très utiles pour l'étude parce qu'ils ont permis de définir de quelle façon les intervenants utilisent et traitent leurs données. Les différences dans la façon dont les organisations assignent les rôles à leur personnel fournissent également de l'information utile. Les rôles définis ci‑après appuient trois domaines bien différents où les efforts doivent être conjugués pour assurer une GIP efficace.

·         Le domaine de l'information, qui traite des données et de l'information par leur collecte, leur gestion, leur regroupement et leur analyse;

·         Le domaine du savoir, qui ajoute à l'information et l'utilise à des fins de recherche scientifique, d'éducation et de formation;

·         Le domaine des activités, qui applique l'information et le savoir aux activités en cours et au sein duquel évoluent les décideurs, les planificateurs, les analystes de politique et les divers groupes d'intervenants.

 

Résultats

Pour prendre de bonnes décisions en fonction de l'endroit, les analystes de politiques ou les gestionnaires de ressources ont besoin qu'une multitude de données et de connaissances compréhensibles par une multitude d'intervenants soient ajoutées au processus en temps opportun et de façon intégrée. Les données et les connaissances en question concernent les divers besoins des communautés, compte tenu du capital naturel disponible, des exigences potentiellement conflictuelles imposées aux ressources et de toute la gamme des services écosystémiques[1]. Les intervenants incluent les citoyens qui veulent de plus en plus participer à l'établissement des solutions et à la prise des décisions.

Le projet a mis au jour sept grandes catégories de données utilisées ou requises. Pour en arriver là, Holonics a interrogé ceux qui élaborent les politiques de planification et de gestion axées sur l'endroit ainsi que les gestionnaires de ressources qui prennent les décisions sur le terrain. Ce sont également des entrevues et des questionnaires qui ont été déterminées les utilisations clés des données.

 

Catégorie de données de GIP

Catégorie

Description

Utilisation clé

Données de base (ou données‑cadres)

Topographie, bathymétrie, hydrologie, transport, énergie, noms géographiques, zones bâties.

Établir les cartes de référence utilisées pour le positionnement et l'affichage de tous les autres types de données.

Données culturelles et connaissances traditionnelles

Endroits et objets qui recèlent une valeur esthétique, historique, scientifique ou sociale pour les générations passées, présentes et futures.

Saisir l'essence culturelle d'une collectivité et intégrer les connaissances traditionnelles (souvent celles des Premières nations) dans le processus de GIP.

Gestion des paysages et valeurs

Aires protégées, zonage, valeurs communautaires, potentiel économique (ex. parcs d'éoliennes) et activités de gestion de l'utilisation des terres (ex. activités forestières ou projets de GIP).

Intégrer les règlements de zonage et de gestion des ressources dans la planification et la prise de décision.

Environnement naturel

Végétation, forêts, couverture terrestre/utilisation des terres, sols, géologie, etc. Peut également servir à décrire certains aspects de l'état de santé de ces phénomènes (ex. historique des feux).

Représenter sous forme de cartes les composantes du capital naturel (forêts, pêches, espèces sauvages, eau, etc.) pour établir de futurs plans en vue de répartir les effets cumulatifs, d'en établir les risques et de les atténuer.

Propriété et contrôle des terres

Limites administratives, propriété des parcelles et aliénation domaniale (tenures et baux).

En général, pour distinguer les intérêts publics des intérêts privés.

Répartition et santé des populations

Distribution des êtres humains et autres créatures vivantes. Peut également servir à décrire la santé ou le bien‑être des populations (statistiques sur la santé).

Lors de la planification, saisir les impacts du développement sur les populations et les infrastructures locales.

Environnement socioéconomique

Emplois et activités économiques qui affectent les paysages (exploitation minière et forestière), y compris les loisirs, l'éducation, le niveau de vie, ces facteurs déterminants du bien‑être et des autres aspects non médicaux de la santé.

Nécessaire lors de la planification pour comparer les futurs scénarios de rechange pour la répartition du capital naturel entre utilisations concurrentielles.

 

Il est intéressant de noter que les données les plus prioritaires actuellement utilisées pour la GIP correspondent à seulement trois des sept catégories : de base/cadre, environnement naturel, et propriété et contrôle des terres. Cette situation s'explique du fait que la plupart des projets de GIP actuels accordent la préséance à l'écologie même si les données socioéconomiques et culturelles font partie des lacunes essentielles à combler étant donné qu'elles ne sont pas disponibles sous une forme leur permettant d'être effectivement intégrées dans la GIP ou dans la planification et la prise de décision axées sur l'endroit.

 

L'évaluation des besoins en données avait deux grands objectifs : 1) déterminer les nouvelles données géospatiales ou axées sur l'endroit requises pour appuyer et améliorer le processus et 2) déterminer les obstacles à l'obtention, à l'utilisation ou au partage des données géospatiales actuellement utilisées. Les résultats de l'évaluation devaient servir à déterminer les possibilités offertes et à fournir à GéoConnexions et au réseau de la GIP des recommandations pour combler les lacunes et surmonter les obstacles. Les deux listes ci‑après précisent les lacunes des données et les obstacles à leur utilisation en GIP qui étaient communs aux quatre études de cas. À la colonne 2, nous indiquons l'impact des lacunes ou des obstacles et à la colonne 3, le nombre de recommandations formulées à leur endroit.

 

Lacune

Impact

Rec.

Données sur les bassins hydrographiques qui font autorité à l'échelle du paysage (1:20K‑1:50K).

Offrir aux intervenants de la GIP des limites communes.

2

Données de Statistique Canada à l'appui d'une planification et d'une comparaison harmonieuses.

Regrouper les données à l'échelle locale à l'aide de méthodes adaptées aux milieux rural ou urbain.

1

Données économiques géocodées (emplois, PIB), données démographiques (âge, sexe, foyers) et données de santé publique (âge, sexe, foyers), regroupées au niveau local mais présentant des attributions plus détaillées que celles actuellement offertes par Statistique Canada.

Géocoder les données pour pouvoir les utiliser lors de la planification future de la GIP et aborder plus en détail les questions de qualité de vie.

1

Images et données de télédétection sans limite de compétences.

Pour la GIP, considérer le paysage en entier, de part et d'autre des limites administratives.

3

Attribution de valeurs communautaires au paysage.

Les décideurs doivent savoir qui serait affecté par les divers projets de développement, y compris en connaître les impacts intangibles.

6

 

Obstacle

Impact

Rec.

Simplification de l'échange des données (sans intervention humaine nécessaire).

S'il est trop difficile de partager les données, les utilisateurs les obtiendront vraisemblablement de sources informelles, ce qui entraînera un manque d'uniformité.

4

Simplification des ententes de partage des données pour réduire les coûts et les délais d'exécution.

Idem.

5

Politique et lignes directrices claires pour le partage ou « l'épuration » des données délicates et privées.

Les données sociales, culturelles, de propriété et de santé publique sont souvent non disponibles pour les décideurs, mais on juge de la pertinence des politiques à leur façon de traiter ces questions.

5

Simplification du partage et de la découverte des données de projet.

Certaines des données à haute résolution les plus actuelles découlent de projets sur lesquels aucune donnée n'est partagée. Ainsi, la GIP ne dispose pas de ces données en temps opportun.

4,5

Simplification du partage, de la découverte et de la garde des données recueillies localement par les instances fédérales.

Les données fédérales locales ne sont pas mises à la disposition de ceux qui réalisent les initiatives régionales de GIP.

4,5

Simplification de la communication des mises à jour entre utilisateurs et gardiens des données, à l'aide de la gestion automatisée des versions, pour garantir la réception de tous les avis de mises à jour.

S'il est trop difficile de partager les données, les utilisateurs les obtiendront vraisemblablement de sources informelles, ce qui entraînent un manque d'uniformité.

7

Outils d'aide à la décision qui procurent l'information dont les décideurs ont besoin.

Les décideurs ont besoin de cartes dont l'uniformité et la qualité mettent clairement en relief la question à aborder.

8

 

Enjeux et recommandations

Voici des recommandations faites à GéoConnexions pour régler les grands problèmes et relever les défis clés de la GIP. On y aborde le rôle de l'organisme en tant que leader national de l'information géospatiale en ligne et d'habilitateur fédéral de la gestion des fonds de données géospatiales à l'appui des programmes fédéraux et nationaux de GIP. Les deux premiers enjeux, s'ils sont abordés, exerceront la plus grande influence sur la réussite future de la GIP car ils permettront d'améliorer les données géospatiales à l'appui de la GIP et de l'utilisation accrue des données et des connaissances géospatiales par les praticiens du secteur, dans l'exécution de leurs tâches quotidiennes.

 

Les recommandations concernant les enjeux 1 et 2 représentent les meilleures façons pour GéoConnexions d'appuyer la GIP.

 

1    Données géospatiales habilitantes relatives aux questions sociales, économiques et de santé

À l'heure actuelle, la plupart des projets ou programmes de GIP sont fortement axés sur les terres ou les ressources. Néanmoins, les valeurs culturelles commencent à entrer en ligne de compte dans les efforts de GIP plus récents. L'intégration efficace des données socioéconomiques et sur la santé dans les processus de GIP demeure rare.

Pour les planificateurs de l'aménagement rural de la municipalité régionale du Cap‑Breton, le regroupement de données de Statistique Canada ne convient pas, et même la version personnalisée que le Ministère leur a fournie comportait certaines lacunes. Le modèle d'affectation pour les forêts de la rivière Humber met également en relief l'importance du regroupement des données socioéconomiques pour aborder les impacts des plans futurs. Le directeur de l'Integrated Land Management Unit de l'Alberta a déclaré que son groupe commence par les données sur les ressources, mais prévoit intégrer les données sociales, économiques et sur la santé dès qu'elles seront disponibles.

Il s'agit de l'une des deux grandes priorités étant donné que les données existent déjà. Elles doivent simplement être transformées et organisées de façon à répondre à une nouvelle série de besoins. Ainsi, il s'agit d'une tâche très rentable et peu risquée. Sans ces données, les analyses axées sur l'endroit continuent d'insister étroitement sur les ressources plutôt que sur les paysages (ce qui inclut l'être humain). Les besoins des utilisateurs de la GIP peuvent alimenter les futurs cycles de collecte de données de Statistique Canada, et le plus tôt possible sera le mieux. Il faut agir rapidement car la demande pluridisciplinaire de ces données se traduit par un risque élevé d'incohérence ou de double emploi dans la définition des normes, des modèles, des politiques et des ensembles de données.

Recommandation

·         Appuyer l'élaboration de produits de données géospatiales normalisés pour répondre aux besoins en données sociales, économiques et sur la santé de la GIP.

 

2    Limites nationales des bassins hydrographiques à l'échelle des paysages

Les bassins hydrographiques sont largement utilisés en GIP. Divers intervenants peuvent utiliser les limites comme unités de regroupement pour recueillir ou intégrer une multitude de données aux fins des analyses de GIP. Les bassins hydrographiques deviennent alors les unités géographiques maîtresses des analyses locales à grande échelle.

Si les bassins sont uniformes au niveau du paysage et font partie de bassins plus vastes, les résultats des analyses peuvent être transposés au‑delà des limites administratives (parc national et terres adjacentes, limites interprovinciales) pour donner un véritable aperçu des écosystèmes. Les bassins plus vastes peuvent servir de base pour regrouper les données socioéconomiques et les données sur la santé, qui seront ainsi utilisées de concert avec d'autres données écosystémiques, à des fins d'analyse.

Étant donné l'importance et l'utilité potentielle des bassins hydrographiques pour la GIP, les praticiens apprécieraient grandement que chaque bassin hydrographique au pays soit assorti de limites qui font autorité. Un modèle de données convenant à l'analyse des bassins hydrographiques et normalisé à l'échelle nationale viendrait également simplifier la modélisation des bassins en éliminant la nécessité de procéder à une conversion de format complexe. La Colombie­Britannique s'est dotée d'un tel modèle et d'outils pour analyser les bassins hydrographiques et pouvant être adoptés à l'échelle nationale.

Recommandation

·         Appuyer l'élaboration d'un ensemble de données nationales concernant les bassins hydrographiques et faisant autorité pour le regroupement des données environnementales, socioéconomiques et sur la santé.

 

Les recommandations 3 à 8 traitent du rôle national que GéoConnexions devrait jouer pour appuyer la GIP.

 

3    Améliorer l'accès aux données numériques de télédétection à l'échelle locale

Les données de télédétection sont hautement prisées pour la GIP. À l'échelle locale (<1:20 000), elles peuvent être traitées pour obtenir l'altitude et d'autres informations sur le monde naturel, commandées à des fins spéciales (ex. illustrer les infestations de dendroctone du pin) et servir d'outil de base utile pour les exposés présentés aux décideurs et aux autres intervenants. Ces données sont souvent plus à jour que toutes les autres. Les données LIDAR et hyperspectrales sont considérées particulièrement utiles.

Pour chaque site, les données de télédétection sont hautement prioritaires. L'Ontario a établi des partenariats pour la capture des données LIDAR, et il existe des partenariats dans la zone du lac Bras d’Or pour la collecte des données hyperspectrales. De même, la région des contreforts de l'Alberta utilise activement les données LIDAR. Les données de télédétection coûtent cher, il y a des lacunes dans leur couverture malgré que certains les considèrent comme l'outil de GIP le plus utile.

Il s'agit d'une priorité parce que : les lacunes empêchent l'utilisation des données de télédétection aux fins d'analyses et de décisions intergouvernementales; les licences restreingnantes nuisent à la collaboration entre les partenaires régionaux; les coûts élevés peuvent empêcher certains utilisateurs de s'en servir, et les terres fédérales sont souvent celles qui ne sont pas couvertes.

Recommandations

·         Obtenir du financement de contrepartie dans le cadre de partenariats intergouvernementaux et de PPP pour l'acquisition des données. Encourager les partenariats pour financer la collecte des données de télédétection d'utilisation conjointe.

·         Établir sur le site Web IMAGINE une tribune axée sur l'endroit où des partenaires potentiels peuvent mettre en commun leurs intérêts pour la collecte de données.

 

4    Améliorer le partage des données à l'aide de catalogues et de moteurs de recherche améliorés

Il n'est pas facile de découvrir les données et de déterminer leur utilité, malgré les portails et les services fédéraux et provinciaux. Les moteurs de recherche peuvent signaler des occurrences multiples ou non pertinentes, mais n'offrent aucune façon simple de les comparer. La technologie qui permet de partager les données fonctionne bien si l'utilisateur sait précisément quoi chercher et télécharger (nom et titre d'un ensemble de données). La GIP fera de plus en plus appel à des utilisateurs qui ne sont pas familiers avec l'ICDG ou les données fédérales. Les personnes interrogées sur les sites IMAGINE ont exprimé une certaine frustration face aux efforts à déployer pour localiser les données axées sur l'endroit dont elles ont besoin pour leurs études (lac Bras d’Or) ou encore au temps requis pour consulter de nombreuses sources afin de recueillir les données requises (Terre­Neuve­et­Labrador).

Cette question est prioritaire parce que : (1) les utilisateurs peuvent ne pas choisir les meilleures données disponibles; (2) les utilisateurs d'une même région peuvent utiliser différentes versions des mêmes données ou (3) les utilisateurs peuvent gaspiller du temps à télécharger des données qui ne répondent pas à leurs besoins.

Recommandations

·         Préciser les processus souhaitables et les cas types pour découvrir les données.

·         Faire en sorte que les métadonnées et les moteurs de recherche fonctionnent comme prévu.

·         Appuyer les améliorations apportées à la convivialité des portails de données ciblés pour la recherche des données.

·         Demander aux utilisateurs de corriger les métadonnées, de revoir les produits de données, et mettre le tout en relief.

·         Demander aux utilisateurs locaux de fournir de nouvelles entrées au catalogue, et mettre le tout en relief.

 

5    Faciliter les ententes de partage des données

La GIP est pluridisciplinaire et intergouvernementale, et il est donc essentiel de partager les données. Tous les intervenants, quel que soit le site, ont mentionné l'importance des frais généraux et les difficultés du partage des données. L'interaction humaine est nécessaire pour assurer le suivi des ententes de partage des données, ce qui crée un fardeau administratif et entraîne des retards dans l'accès aux données. Les sites utilisent toute une gamme de pratiques de partage, et certains organismes disposent d'ententes officielles signées alors que d'autres fonctionnent davantage au cas par cas.

GéoConnexions a engagé des ressources considérables pour réduire le fardeau du partage des données. Récemment, son Noyau consultatif sur les politiques a fourni des conseils sur la façon de conclure des ententes de partage des données, y compris sur les sources en ligne.

Il s'agit d'une priorité, car il pourrait s'ensuivre une réduction des coûts juridiques et administratifs, une diminution des retards dans l'acquisition des données, une amélioration du partage des données confidentielles étant donné la confiance accrue dans la rigueur des ententes, un meilleur suivi de l'utilisation des données et la réalisation d'une analyse de rentabilité de l'entretien et de l'amélioration. Il pourrait également en résulter un accès aux données impartial. De même, le Noyau a déjà effectué le plus gros du travail, et il lui reste à être mis à la disposition des usagers.

Recommandation

·         Élaborer un outil Web afin de produire des ententes de partage des données géospatiales pour ajouter au travail déjà réalisé à l'aide du Noyau consultatif sur les politiques de GéoConnexions.

 

6    Promouvoir des pratiques exemplaires pour les logiciels de cartographie des valeurs

Les valeurs écologiques sont relativement bien comprises en GIP, au contraire des valeurs économiques, sociales et culturelles ainsi que leurs rapports avec les valeurs environnementales le sont moins. Pour être efficace, la GIP exige de ses praticiens qu'ils comprennent les valeurs et leurs interactions, y compris les valeurs autres que les leurs. Bien comprendre les valeurs communautaires aide à appuyer les communautés locales.

Les sites IMAGINE manifestent un intérêt actuel et futur pour la cartographie des valeurs. La Forêt modèle de l'Est de l'Ontario (FMEO) déploie des efforts considérables pour cartographier les valeurs publiques, en partie d'après les besoins exprimés par les planificateurs locaux. L'équipe du bassin de la rivière Humber à Terre­Neuve­et­Labrador appuie l'élaboration de logiciels pour explorer les compromis entre les valeurs. Une personne interrogée en Alberta a mentionné qu'on avait besoin de logiciels interactifs de planification permettant aux intervenants de définir les scénarios, d'étudier l'interaction entre les valeurs et d'en tirer des cartes ou des résumés des questions envisagées. Les exigences incluent un langage commun entre usagers ainsi qu'un système simple et rapide permettant une bonne visualisation et de bons rapports.

De nombreux outils ont été mis au point pour répondre aux besoins de la cartographie des valeurs, mais leurs objectifs, leurs intrants et leurs extrants diffèrent. Aux travaux de la FMEO s'ajoutent les outils existants mentionnés ci‑après.

·         Outil de cartographie des valeurs du paysage du Service canadien des forêts

·         Carte nautique EcoTrust (Californie)

·         Outil d'évaluation des avantages des aires protégées du Fonds mondial pour la nature (valeurs sociales/culturelles)

·         EcoValue de l'Université du Vermont

·         Projet de capital naturel (InVEST) de l'Université Stanford (valeurs économiques)

Recommandation

·         Faire participer IMAGINE Canada à la définition des pratiques exemplaires concernant les logiciels de cartographie des valeurs pour la GIP au Canada.

 

7    Améliorer la mise à jour et le regroupement des données géospatiales

Malgré les progrès des données, des infrastructures et des technologies, les analystes consacrent plus de temps à regrouper les données géospatiales qu'à les analyser. Les problèmes avec ces données et avec leur regroupement empêchent également les planificateurs et les décideurs d'utiliser efficacement les outils sur leur Bureau. Souvent, ils n'ont pas les connaissances nécessaires pour comprendre ou régler les problèmes, ce qui réduit la confiance envers les outils et les processus de GIP.

Sur les sites IMAGINE Canada, on se plaint communément du temps et des fonds à consacrer pour mettre à jour et regrouper les données. Ainsi, il a fallu de nombreux mois pour préparer les données disparates nécessaires au projet de GéoConnexions en vue d'élaborer un outil de modélisation du bassin hydrographique du lac Bras d’Or. De même, le projet des sources d'eau entrepris dans l'Est de l'Ontario a subi des pressions financières et des retards considérables lors de l'intégration de 50 ensembles de données différents recueillis par un même organisme (MEO). Le Foothills Research Institute (FRI) de l'Alberta consacre actuellement ses ressources à la création d'un entrepôt de données intégré pour appuyer les besoins de recherche et de planification de ses membres (cette mesure fait partie du projet financé par GéoConnexions). Les gouvernements locaux ont également trouvé difficile d'intégrer les données de Statistique Canada dans leurs processus de planification et de décision étant donné les regroupements disponibles qui sont loin d'être souhaitables.

En réduisant le temps nécessaire au regroupement, les analystes des données géospatiales pourront se consacrer davantage à l'analyse et aux produits et inciteront les analystes de politique, les planificateurs des ressources et les décideurs régionaux/locaux à accepter davantage les outils qui servent à la planification et à la prise des décisions de GIP et qui sont axés sur les données géospatiales.

Recommandations

·         Inciter GéoConnexions à étudier des façons de fournir à ses utilisateurs les versions à jour des principaux produits du cadre.

·         Inciter GéoConnexions à appuyer des projets semblables au système d'aide à la décision de gestion du paysage du FRI, qui regroupent les données et l'information à l'aide d'un processus normalisé, pour le plus grand bien des parties prenantes.

·         Inciter GéoConnexions à continuer d'améliorer ses données‑cadres nationales.

 

8    Contribuer à l'évaluation des outils de planification et d'aide à la décision

Les données géospatiales produisent le plus d'impact quand elles sont utilisées pour produire des connaissances à l'appui de l'élaboration des politiques, de la planification régionale et de la prise des décisions sur place concernant les ressources, c'est­à­dire « là où ça compte ». Les planificateurs et les décideurs sont aux prises avec une multitude de choix d'outils sur leur Bureau pour appuyer leurs activités.

Durant la Phase 2 de GéoConnexions, des fonds considérables ont été consacrés à l'élaboration d'outils de planification et d'aide à la décision pour appuyer la GIP et la gestion axée sur l'endroit. Il est fort possible que les outils élaborés dans le cadre de projets uniques seront sans soutien (documentation, essais, distribution, conservation ou amélioration) quand le financement prendra fin, et c'est le cas de nombreux outils élaborés grâce à des projets de GéoConnexions. Il reste donc à calculer le rendement du capital investi dans les outils élaborés grâce à GéoConnexions.

À première vue (First Nations’ Land Referrals Forum, 12‑13 septembre 2007), de nombreux outils de GéoConnexions sont très utiles. De même, il semblerait que la capacité des outils de répondre aux besoins des planificateurs et des décideurs responsables de la GIP varie considérablement.

De même, les membres d'IMAGINE Canada ont élaboré un certain nombre d'outils pour répondre à leurs besoins de GIP et à leurs autres exigences opérationnelles.

·         Système d'aide à la décision de gestion des paysages du FRI

·         Outil de cartographie des valeurs - FMEO

·         Outil de planification des ressources de l'UINR

·         Outils manuels pour les opérations forestières - Hinton Wood Products (Alberta)

·         Conseil municipal régional du Cap‑Breton – Outil de visualisation des données géospatiales

·         Comtés unis de Leeds et Grenville, application SIG en ligne à l'appui de l'examen des permis d'aménagement qui réduit de 30 % le temps requis pour élaborer des propositions à cet égard.

Il est hautement souhaitable que les efforts d'élaboration des outils soient maximisés en rendant ces outils disponibles au plus grand nombre de personnes possible, pour qu'elles les évaluent et les utilisent.

Recommandations

·         Demander à IMAGINE Canada de définir et de tester les besoins en outils décisionnels, y compris d'élaborer des cas types.

·         Demander à GéoConnexions d'évaluer ses efforts passés et de définir son orientation future concernant l'élaboration d'outils.

·         Demander à GéoConnexions d'offrir à ses utilisateurs du matériel à l'appui des études de rentabilité de l'élaboration d'outils à l'échelle locale/régionale.

 

Les deux dernières recommandations envisagent la façon dont GéoConnexions s'inscrit dans la stratégie de GIP du gouvernement fédéral.

 

9    Stratégie fédérale de GIP

Le territoire domanial est assujetti à la GIP, et ce quel que soit le membre IMAGINE. La coordination avec les intérêts fédéraux est un problème commun fréquemment mentionné. L'absence de stratégie fédérale de GIP peut entraîner des problèmes.

·         La couverture des données diffère sur les terres fédérales, surtout les images et les données sur les espèces, ce qui est dû en partie aux petits budgets consacrés à la collecte des données sur les parcs nationaux.

·         Le partage des données laisse à désirer. Les contacts personnels sont nécessaires pour apprendre comment les données fédérales sont recueillies localement. Les données ne sont pas toujours partagées ouvertement, même quand elles ne sont pas particulièrement confidentielles.

·         Il n'y a pas de programme fédéral de GIP et pas de représentant (national ou local) à consulter à cet égard.

L'Institut de recherche sur les politiques procède actuellement à des entretiens essentiels concernant les décisions axées sur l'endroit. Il faut déterminer comment le gouvernement fédéral peut améliorer les analyses et les décisions axées sur l'endroit du point de vue du développement durable. Les enjeux abordés sont les suivants.

·         Existence/non existence de chevauchements juridiques entre les ministères fédéraux

·         Absence de stratégies fédérales partagées axée sur l'endroit (géospatiale)

·         Géohabilitation des fonds de données fédérales, au besoin

·         Intégration des données non spatiales dans les analyses axées sur l'endroit

·         Élaboration d'outils et de systèmes à l'appui des décisions axées sur l'endroit

·         Établissement d'un organisme fédéral responsable de l'orientation, des politiques et des normes régissant les décisions axées sur l'endroit

Les ministères fédéraux qui généralement n'ont rien à voir avec les données géospatiales commencent à utiliser la géographie et tendent vers les analyses et les décisions axées sur l'endroit. Il est important qu'ils reconnaissent qu'une série de données‑cadres, que des outils de recherche et d'accès et que d'autres services de soutien existent déjà et devraient être utilisés pour faciliter l'obtention et le regroupement des données.

RNCan et GéoConnexions sont le choix stratégique pour renforcer le rôle fédéral dans la gouvernance et le soutien axé sur l'endroit. Ce rôle n'est pas l'apanage du secteur des ressources et peut bénéficier de l'appui de tous les ministères fédéraux.

Recommandations

·         Faire de RNCan le responsable fédéral de la GIP et définir une stratégie à cet égard pour le gouvernement fédéral.

·         Charger GéoConnexions d'offrir des services de données géospatiales à tout le gouvernement fédéral.

 

10  Partage des données au gouvernement fédéral

Un certain nombre de ministères fédéraux, plus particulièrement le MPO, participent aux projets de recherche liés à la GIP. L'accès aux résultats de la recherche comme aux données et à l'information recueillies dans le cadre des travaux pose souvent un problème aux intéressés. De même, les ministères fédéraux peuvent recueillir des données locales ou régionales dans le cadre de leur mandat. Ces données peuvent s'inscrire dans les efforts de GIP, mais il n'est pas toujours aisé d'y accéder.

Pour obtenir les données dont ils ont besoin, les intéressés dépendent souvent de contacts directs avec les chercheurs et d'autres employés fédéraux. C'est une façon inefficace d'utiliser les ressources fédérales, et c'est loin d'être idéal pour les clients. Cette façon de faire provoque également des inégalités, selon les personnes qu'on connait, ce qui peut engendrer une perception de favoritisme.

Les défis de l'accès opportun aux résultats et aux données de la recherche du MPO, à l'échelle locale, ont soulevé des préoccupations dans la région du lac Bras d’Or. De même, des préoccupations semblables ont été soulevées dans la région des contreforts de l'Alberta concernant les données de Parcs Canada, malgré les efforts actuellement déployés pour résoudre le problème dans le cadre du projet GéoConnexions/FRI en vue d'élaborer un système d'aide aux décisions de gestion du paysage.

Recommandation

·         Inciter GéoConnexions à utiliser son expertise pour encourager les ministères fédéraux à enregistrer leurs données opérationnelles et de projet recueillies localement, à les partager et à obtenir les permis requis.



[1] Les services écosystémiques incluent : l'eau potable et l'eau d'irrigation; les produits agricoles, le bois et les produits forestiers non ligneux; l'hydroélectricité et l'atténuation des inondations et de l'érosion; la séquestration du carbone; la pollinisation des espèces indigènes; les valeurs culturelles et esthétiques.